Quelle journée, quelle saison. Et ce n'est que le début.

Il y avait quelque chose de différent cette fois-ci. Remettre en jeu un maillot de champion d'Europe, c'est accepter que quoi qu'il arrive, un chapitre se ferme et un autre s'ouvre. Avec tout ce que ça comporte : l'excitation, la pression, et cette conscience de ce que le maillot représente une fois qu'on l'a porté pendant un an.

Une semaine de compétition chaude, un timing adapté, une journée à rallonge. 

La journée de course a commencé de la meilleure façon possible : premier tour remporté avec le meilleur temps. Ensuite, le vrai défi : attendre huit heures avant le quart de finale. Huit heures à gérer l'énergie, à rester dans sa bulle sans trop cogiter.

Quart de finale gagné. Demi-finale : deuxième, qualifié. Troisième finale consécutive aux Championnats d'Europe. Le droit de jouer le titre.

Beaucoup de gens autour parlaient de « défendre le maillot ». C'est un mot qui revient souvent dans ces moments-là. Sauf que défendre, ce n'est pas comme ça que je roule. La bascule s'est faite là : ne rien défendre, attaquer. C'est ce qui fonctionne, c'est ce qui me permet d'être le pilote que je suis.

Au départ de la finale, une porte correcte permet de se placer dans le top 4 dès le premier virage. Un premier dépassement sur le leader de la Coupe du monde. Un deuxième sur Léo dans le virage suivant. Position de chasseur. Avec mon entraîneur, on avait identifié qu'il n'y avait pas cinquante options pour doubler. Mais l'instinct a pris le dessus — placement, conservation de vitesse, attaque en dernière ligne droite. Au moment du passage, la sensation était claire : la vitesse était là. Concentration, application, et un dernier dépassement au milieu de la dernière ligne.

Champion d'Europe Élite pour la deuxième année consécutive. Un triplé français sur le podium, en France. Quelque chose qui n'avait jamais été fait depuis la création de ce format de Championnats d'Europe.

La suite est déjà lancée : Championnats de France à Besançon ce week-end, puis direction l'Australie pour les Mondiaux.

Ce n'est que le début.

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